Vendre ses livres, donner ou recycler… depuis son canapé

Vendre ses livres, donner ou recycler... depuis son canapé
Photo : Harold Paris

Aujourd’hui, je vous propose de faire le ménage, faire du vide et désencombrer votre maison ou votre appartement. On va s’intéresser plus particulièrement à nos bibliothèques et voir comment et où recycler, donner ou vendre ses livres.

Pourquoi vendre ses livres ?

Mais avant de démarrer, répondons d’abord à cette question : pourquoi diable est-ce qu’on pourrait avoir envie de se débarrasser de ses livres ?!

En ce qui me concerne, cela va faire quelque temps que je ressens un véritable besoin de clarté dans ma vie, une volonté de revenir à l’essentiel, de me débarrasser de ce qui m’encombre (que ce soit d’un point de vue très concret au sein de mon logement pour gagner de la place, que d’un point de vue beaucoup plus abstrait pour… désencombrer mon esprit).

Je ne crois pas m’être déjà comporté comme un acheteur compulsif. Je me contente généralement de peu et je ne ressens pas de besoin particulier « d’acquérir des choses ».

De même, avec ma compagne, nous avons pas mal bougé : 5 déménagements en 17 ans – soit un déménagement tous les 3 ans et demi à la louche. Donc nous avons régulièrement eu l’occasion de « faire le ménage par le vide » et de profiter de chacun de ces déménagements pour « limiter les dégâts ».

Mais tout de même, à l’aube de la quarantaine, et avec 3 enfants, nous avons derrière nous plus d’une vingtaine d’années d’accumulation de possessions diverses et variées qui, pour la plupart, ne nous servent tout simplement pas et qui finissent par s’entasser sur nos étagères, dans nos placards, au fond de nos tiroirs, etc. 

Je ne vais pas vous faire un dessin, vous voyez forcément le tableau.

Cela va faire déjà quelque temps que je développe un intérêt pour le concept du minimalisme.

Joshua Fields Millburn et Ryan Nicodemus, auteurs du livre « Minimalisme » et protagonistes du documentaire Netflix qui porte même nom, résument le concept en ces termes :

Le minimalisme, c’est un outil permettant d’éliminer l’excès de la vie, de se concentrer sur l’essentiel et de trouver le bonheur, l’épanouissement et la liberté.

Joshua Fields Millburn et Ryan Nicodemus – Minimalisme

Si vous n’êtes pas familier du mouvement, je vous rassure. Il ne s’agit pas de s’inventer des règles abstraites genre « Je ne dois pas posséder plus de 100 objets » et d’aller vivre dans un van pour faire le tour de la Creuse (oui, pandémie oblige, les tours du monde attendront).

Non, il s’agit plutôt d’une discipline ou d’une philosophie de vie qui nous rappelle que notre « être » ne se résume pas à ce que nous possédons et qu’éliminer les excès permet de laisser plus de place à ce qui est vraiment important : sa santé, ses relations, ses passions, son essor personnel et sa contribution à autrui.

Bref, je ne vais pas m’éterniser sur le sujet, parce que j’aurais l’occasion d’y revenir prochainement.

Mais ce qui est sûr, c’est qu’à la maison, entre mes livres, ceux de ma femme, les livres des enfants, ceux du boulot, nos étagères débordent. Et il était clairement temps de remédier au problème avec une vraie solution.

J’ai donc décidé de prendre le taureau par les cornes et de m’atteler à la tâche.

Comment faire le tri dans ses livres ?

La première étape a été celle du tri. Et pour vous aider, j’ai identifié 4 décisions possibles pour chacun des livres qui composent ma bibliothèque : 

Décision #1. Je vends

Après tout, si on a la possibilité de tirer un petit quelque chose de la démarche, autant joindre l’utile à l’agréable. Cela permettra éventuellement de financer de futures lectures (ou d’autres besoins plus urgents à un moment donné).

Décision #2. Je donne

Avec ma compagne, nous attachons à certains de nos livres une valeur particulière (notamment parce qu’ils nous ont aidés à un moment ou un autre dans notre parcours) tout en sachant qu’on ne les rouvrira sans doute jamais.

Par contre, dans notre entourage, nous avons des personnes qui pourraient en avoir besoin aujourd’hui ou prochainement. Ça fait toujours plaisir d’offrir, surtout quand c’est utile et que ça a du sens, donc… voilà.

Décision #3. Je recycle

Certains livres ne sont malheureusement pas vendables (livres de club style France Loisirs par exemple). Mais jeter un livre à la poubelle, c’est un véritable crève-cœur pour moi. Il fallait donc que, dans la mesure du possible, je puisse au moins éviter, ou au mieux me décharger, de ce choix au maximum. Et il y a des solutions pour ça. Continuez de lire l’article.

Décision #4. Je garde

Finalement, si avec ma compagne nous avons envie de faire du vide et de pouvoir désencombrer nos étagères, nous n’avons pas pour autant l’intention de nous séparer de toute notre bibliothèque. Il y a clairement des livres qui, que ce soit pour elle ou moi, nous sont chers ou bien que nous n’avons pas encore lus et que nous prévoyons d’attaquer à un moment ou un autre.

Quels livres garder et quels livres vendre ?

Pour pouvoir clairement identifier les livres que nous souhaitions garder, nous nous sommes posé 2 questions importantes avec ma compagne :

Question #1. Est-ce que ce livre nous est utile ?

Pour les livres que nous n’avons pas encore lus, c’est assez simple : est-ce que nous allons les lire un jour ? Est-ce qu’on prévoit de les ouvrir, tout simplement.

Pour les livres que nous avons déjà lus, là c’est un peu plus complexe, mais concrètement : est-ce que nous sommes susceptibles de les relire à un moment ou un autre ? Ou alors, est-ce qu’on veut les garder pour référence ? Comme avec des livres de recettes par exemple.

Question #2. Est-ce que ce livre nous apporte du bonheur ?

Si vous connaissez Marie Kondo, experte japonaise et autrice de La Magie du Rangement, vous voyez de quoi je veux parler. 

Si ce n’est pas le cas, avec la méthode « KonMari », Marie Kondo parle d’un frémissement, d’une étincelle, une sensation de joie que l’on ressent lorsque l’on prend un objet en particulier entre ses mains.

Il y a des livres qui me procurent exactement cette sensation, soit parce que ce sont des bouquins avec lesquels j’ai découvert le plaisir de la lecture soit parce que ce sont des histoires qui m’ont vraiment transporté ou des écrits qui ont complètement fait évoluer mes perspectives que ce soit côté pro ou côté perso…

Bref, suivant la réponse à ces deux questions, nous avons choisi ce que nous voulions faire de chacun des livres de nos bibliothèques de manière beaucoup plus éclairée.

Où vendre ses livres ?

Mais où est-ce qu’on peut revendre ses livres ou, au moins, leur assurer soit une deuxième vie utile, soit une fin de vie correcte ?

Vendre ses livres en magasin

Bon, je ne suis pas Parisien, mais même en n’étant pas Parisien, je connais les boutiques Gibert, que ce soit Gibert Joseph ou Gibert Jeune. Ce sont des libraires depuis 1888 et ils sont particulièrement actifs sur le marché de l’occasion.

Vous pouvez y aller, proposer vos bouquins. Je ne sais pas fondamentalement comment ça se passe après. Je suppose que c’est assez simple. Ils vont vous dire ce qu’ils reprennent, ce qu’ils ne reprennent pas et combien ils vous donnent pour ce que vous leur avez amené.

Des libraires spécialisées dans l’occasion, il n’y en a pas qu’à Paris, donc si vous êtes en province, renseignez-vous pour voir si, autour de vous, il n’y a pas des libraires qui pourraient, à un moment donné, être intéressés eux-aussi. 

Du côté des magasins, on a aussi les enseignes Easy Cash ou Cash Express (bref, les enseignes spécialisées dans l’occasion).

Je dois avouer que je n’ai pas une histoire forcément agréable avec ces enseignes où j’ai souvent eu un goût amer dans la bouche après m’être séparé d’objets pour une bouchée de pain et… en voyant que les prix pratiqués côté boutique étaient, certes, intéressants, mais clairement pas non plus incroyables.

Et bien évidemment, en local, si vous préférez plutôt donner que vendre, n’hésitez pas à vous renseigner : vous avez certainement une boutique Emmaüs ou un entrepôt Emmaüs qui ne se situe pas très loin, surtout si vous êtes en ville. Et donc il y a certainement des choses à faire que ce soit avec eux ou avec d’autres associations locales.

Vendre ses livres sur internet

Et là, bon, je le savais déjà un peu mais il y a clairement pas mal d’options qui peuvent s’offrir à nous.

Gibert, je vends

Je les ai déjà cités plus haut, mais Gibert a aussi son site internet et son application qui s’appelle Gibert Je vends et qui propose du rachat direct.

Momox

Autre alternative, la société allemande Momox. Visiblement, c’est l’un des leaders sur le rachat direct. Ils existent depuis 2004.

Par contre, j’ai eu l’occasion de lire quelques threads pas forcément hyperfavorables, notamment sur le site 60 millions de consommateurs qui relataient que beaucoup de bouquins qui, à un moment donné, devaient être repris dans un envoi transmis à Momox, se retrouvaient refusés et l’enseigne demande des frais de port hyperimportants pour vous renvoyer les livres qui n’ont pas été acceptés.

La Bourse aux Livres

Autre alternative, la Bourse aux Livres. On revient sur une société française relativement jeune puisque créée en 2019.

Et là, il y a une différence assez importante par rapport aux autres solutions dont j’ai parlé avant : la Bourse aux Livres ne fait pas de rachat direct. Ils font du dépôt-vente.

La différence entre le dépôt-vente et le rachat direct, c’est que les gains sont supérieurs en dépôt-vente, par contre vous allez devoir attendre que les produits soient effectivement vendus pour récupérer vos gains et, bien sûr, tout ça se fait un peu sans garantie. 

Au bout d’un an de vente, si vos livres ne sont pas vendus, La Bourse aux livres propose de revaloriser ceux-ci en en faisant don à l’association Bibliothèques Sans Frontières. Il s’agit d’une association créée en 2007 qui facilite l’accès à l’éducation, à la culture et à l’information pour les populations vulnérables dans plus de 50 pays. 

En ce qui concerne Bibliothèques Sans Frontières, il faut savoir que l’association accepte les dons directs (si vous êtes en région parisienne), donc si vous préférez le don à la vente, eh bien vous pouvez aussi vous renseigner auprès d’eux.

Recyclivre

Autre alternative, la société Recyclivre, une société française qui va fonctionner de deux manières différentes : soit en mode rachat direct soit en mode don. 

Du côté du rachat direct, Recyclivre vient de sortir en fait sa nouvelle application « Recyclivre Rachète ».

Du côté don, l’entreprise propose un système simple d’envoi gratuit de livres depuis sa création en 2008.

Recyclivre, c’est une entreprise de l’économie sociale et solidaire. Les livres sont hébergés et expédiés depuis des entrepôts gérés par une entreprise d’insertion.

Côté rachat, vous pouvez choisir d’offrir 10 % du montant de la reprise de vos livres à l’association Zero Waste France qui milite pour la réduction des déchets, fait la promotion du zéro déchet et lutte contre le gaspillage. 

Coté don, l’entreprise, elle-même, reverse 10 % de ses revenus à des associations en faveur de l’accès à la culture et la lutte contre l’illettrisme.

Sur la vie des livres qu’ils reprennent, le fonctionnement est relativement simple :

Ce qu’ils peuvent vendre, ils le vendent. Ce qu’ils ne peuvent pas vendre, ils le donnent. Et ce qu’ils ne peuvent pas vendre ni donner, ils le font recycler, en France, en pâte à papier.

Point intéressant, Recyclivre propose aussi des ressources qui peuvent être utiles pour pouvoir vous débarrasser de vos livres :

  • Le réseau Point Livres qui vous permet de déposer un don en livres partout en France;
  • Et le site Boîte à lire qui recense la plupart des boîtes à livres qu’on peut trouver un peu partout dans nos villes, et même parfois ailleurs. Vous savez, ce sont ces espèces de maisonnettes pour livres dans lesquelles vous pouvez déposer vos bouquins ou alors prendre ce qui vous intéresse, et tout ça gratuitement.

L’option DIY – eBay, leboncoin, etc.

Dernière option pour la vente de livres sur internet c’est l’option DIY. C’est-à-dire aller vendre soi-même ses bouquins, que ce soit sur eBay ou leboncoin.

Personnellement je n’ai vraiment pas envie de me prendre la tête avec des envois individuels, la prise des photos, la création des fiches articles, la communication avec les clients… Bref, ce n’est pas pour moi mais si c’est votre truc, voilà.

Des applications pour vendre ses livres

Je vous propose de nous intéresser plus particulièrement aux applications proposées par ces différents acteurs et qui vont nous permettre de vendre nos livres depuis le confort de notre maison et, tout ça, avec un minimum d’efforts.

Personnellement, je me suis orienté vers Recyclivre Rachète, en solution principale, Momox, en second choix pour pouvoir tester, et pour les livres que je n’arrive pas à vendre (mais dont je veux quand même me séparer) toujours Recyclivre mais, cette fois-ci, en mode don (pas d’application ici – tout se passe sur le site).

Le principe de ces différentes solutions est souvent le même :

Vous avez une application que vous pouvez télécharger. Une fois l’application téléchargée, vous prenez vos livres un à un et puis vous scannez les codes-barres.

Vous savez tout de suite si le livre est repris ou non et vous obtenez le prix de rachat proposé.

On va généralement parler d’une dizaine de centimes d’euro pour un livre de poche et jusqu’à 5 ou 7 euros pour des grands formats récents, où la demande est forcément plus importante. Voilà ce que j’ai pu observer par rapport à mon expérience personnelle.

Une fois que vous avez scanné vos bouquins, il n’y a plus qu’à les mettre dans un carton approprié. Et justement, parlons-en des cartons…

Quels cartons pour vendre ses livres ?

Bon, si vous avez déjà déménagé une fois, vous le savez déjà. Mais un carton de livres, ça peut rapidement devenir très lourd…

Pour éviter le problème je me suis orienté vers des cartons adaptés aux livres de 35 cm par 30 cm par 30 cm. C’est suffisamment grand pour pouvoir y mettre à peu près n’importe quoi et… suffisamment petit pour que, même plein, on ne soit pas sur des contenants qui soient intransportables. 

Ensuite, comme il y a des livres différentes tailles, on essaye de jouer à Tetris à l’intérieur du carton et, pour bien maintenir le tout, j’ai personnellement utilisé du papier kraft « en boule » pour boucher les trous.

Même avec des cartons de cette taille (qui est quand même relativement petite), eh bien on arrive rapidement à des poids d’une petite dizaine de kilos par carton. 

Mais revenons-en à la démarche de vente. Une fois que vous avez rempli votre carton, vous avez généralement atteint depuis un moment le montant minimum d’envoi pour les applications que j’ai utilisées.

Dans l’application, à ce moment-ci, il ne reste généralement plus qu’à finaliser la vente.

Une fois la vente finalisée, vous recevez par mail un récap du contenu de votre carton et un bordereau d’envoi.

Vous glissez le récap dans votre carton, vous fermez tout ça vous collez le bordereau sur le carton… et il n’y a plus qu’à amener le tout en point relais (Mondial Relay pour Recyclivre rachète et Momox).

Mon avis sur l’expérience

Personnellement j’ai trouvé cette expérience de la vente (et du don) de livres sur internet très fluide. C’en est presque déroutant. On sait tout de suite ce qu’il en est, ce qui est repris, ce qui ne l’est pas et le montant auquel on peut s’attendre pour nos envois. 

Alors bien sûr, pour avoir des livres bien repris, il faut que ce soit plutôt des livres idéalement récents, avec une bonne demande et avec des codes-barres (sinon, l’application est incapable de les reconnaître). 

Ce qui est génial, c’est qu’on peut tout gérer quasiment de a à z depuis chez soi si on a le matériel nécessaire pour emballer son colis, imprimer le bordereau, etc. Bien sûr, une fois la démarche finalisée, il faut quand même amener son carton en point relais.

Pour ce que j’ai pu vendre, mes premiers cartons sont partis il y a quelques jours.

J’attends désormais patiemment de savoir si le contenu va être accepté et si je vais bien recevoir les fonds au niveau promis par les solutions testées.

De ce que j’ai pu lire ici et là sur le web, ce n’est pas toujours gagné mais on verra bien et je vous tiendrai bien évidemment au courant ici si ça vous intéresse.

Pour ce que je n’ai pas réussi à vendre, je dois continuer à compléter mes cartons et tout ça partira direction Recyclivre, côté don, quand j’aurai fini mon tri.

En tout cas, j’espère ma petite expérience sur le sujet pourra vous être utile et vous permettra, à votre tour, de désencombrer votre maison ou votre appartement de tous les livres qui y dorment depuis certainement trop longtemps. 

Je parle clairement en connaissance de cause, j’ai redécouvert certains livres que j’avais depuis plus de 25 ans sans jamais les avoir ouverts et sans aucune volonté de les ouvrir à un moment donné dans un avenir proche ou lointain. 

N’hésitez pas à aller faire un tour dans les commentaires si vous souhaitez me faire un retour, me dire ce que vous avez pensé de cet article, me poser vos questions ou tout simplement me dire si ces conseils ont pu vous être utiles pour faire le ménage dans vos bibliothèques.

De mon côté, je vous dis à très vite. Je vous souhaite un très bon tri et une excellente vente de vos livres !

Mise à jour le 14 juin 2021 : j’ai eu la validation de mes ventes entre Momox et RecycLivre Rachète. Côté RecycLivre Rachète, sur un total de 81 livres, j’ai eu 71 livres acceptés. Les motifs de refus varient de “manquant” (étonnant… mais bon, possible que j’ai fait une erreur) à “dédicace ou nom” en passant par “couverture (ou pages) abîmée(s)”. Du côté de Momox, sur un total de 23 livres envoyés, j’ai eu 23 livres acceptés. Comme quoi. 🧐 Cela ne va pas changer mon choix de RecycLivre que je préfère tout simplement parce que je trouve que c’est une belle initiative à la base. Mais cela tempère clairement mon propos sur Momox et ce que j’avais trouvé lors de mes recherches. Voilà voilà !

Par Harold Paris

J’ai 38 ans, je suis le papa de trois adorables garçons et j’ai des projets plein la tête. Cool, non ? 😎 Je suis aussi le Fondateur de POSITIVR. 🌱

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